Référencement en grande distribution : la méthode complète pour lancer une marque, réussir son entrée en rayon et durer
Faire entrer un produit dans les rayons de Carrefour, E.Leclerc, Intermarché, Auchan, Coopérative U ou Monoprix représente un changement d’échelle pour toute marque. En quelques mois, la grande distribution peut offrir ce que plusieurs années de vente directe ne permettent pas toujours d’atteindre : une présence nationale, une exposition massive, des volumes importants et une crédibilité commerciale immédiate. Mais cette promesse cache une réalité beaucoup plus exigeante. Obtenir l’accord d’un acheteur ne garantit ni les commandes des magasins, ni la présence effective du produit en rayon, ni sa rotation, ni son maintien dans l’assortiment. Une marque peut être officiellement référencée et commercialement invisible. Elle peut réussir son lancement, générer beaucoup d’essais, puis disparaître quelques mois plus tard faute de réachat que vous soyez une PME agroalimentaire, une marque émergente ou un créateur de contenu souhaitant lancer son produit. Obtenir un référencement en grande distribution ne garantit pas le succès. La réussite repose sur une chaîne beaucoup plus exigeante : Référencement, puis commande, puis mise en rayon, puis premier achat, puis réachat, puis réassort, puis maintien dans l’assortiment. Une étude Nielsen publiée en 2014, fondée sur l’analyse de plus de douze mille lancements de produits de grande consommation en Europe occidentale, indiquait que 76 % des lancements ne conservaient pas leur référencement au-delà de leur première année, et que deux tiers des produits n’atteignaient même pas dix mille unités vendues. Ce chiffre historique ne constitue pas un taux d’échec universel applicable à chaque lancement actuel, mais il met en évidence une réalité durable : l’innovation attire l’attention, seule la répétition des achats permet de conserver une place en rayon. Dans le même temps, les TPE, PME et ETI occupent une place considérable en grande distribution. Les produits fabriqués par ces entreprises ont représenté 49,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, soit 44 % du chiffre d’affaires étudié par le Baromètre PME-Grande Distribution. La véritable question n’est donc pas de savoir si une marque émergente peut entrer en grande distribution. Elle le peut. La question est de savoir si elle peut construire un référencement assez rentable, visible et productif pour devenir durable. Le référencement en grande surface, un point de départ et non une consécration Dans l’objectif de nombreuses jeunes marques, le référencement constitue la consécration du projet. L’accord d’une enseigne est perçu comme la validation définitive du produit. Cette perception conduit souvent à concentrer toute l’énergie sur le rendez-vous avec l’acheteur, comme si le travail essentiel s’arrêtait une fois la négociation terminée. C’est une erreur. Le référencement correspond à l’inscription d’un fournisseur et de ses produits dans le système commercial d’une enseigne. Il permet aux magasins concernés de commander les références aux tarifs négociés. Mais, comme le rappelle le guide publié par Sidely, dans de nombreux réseaux, l’accord de référencement ne constitue pas une promesse d’achat. Une marque peut ainsi être référencée mais non commandée, commandée mais non installée, installée mais peu visible, visible mais insuffisamment vendue, achetée une première fois mais rarement rachetée, ou bien vendue mais économiquement déficitaire. C’est pourquoi la performance d’un référencement doit s’évaluer à plusieurs niveaux distincts. Niveau Ce qu’il signifie Question décisive Référencement administratif La marque et ses produits sont enregistrés Le réseau peut-il commander ? Distribution commerciale Les magasins ou entrepôts commandent Combien de points de vente sont réellement actifs ? Présence physique Les produits sont installés et disponibles Le consommateur peut-il les trouver ? Sell-out Les produits sont achetés en magasin La rotation justifie-t-elle l’espace occupé ? Réachat Les consommateurs répètent l’achat Le produit crée-t-il une habitude ? Rentabilité La marque et l’enseigne gagnent de l’argent Le modèle est-il durable ? Le référencement de votre produit donne donc accès au marché. Il ne prouve pas que le produit a trouvé son marché. La grande distribution, une opportunité réelle pour les marques émergentes Les rayons ne sont pas réservés aux multinationales, loin de là. La troisième édition du Baromètre PME-Grande Distribution, publiée par la FCD et la FEEF avec NielsenIQ à partir de données 2023, illustre le poids économique des entreprises indépendantes et intermédiaires. Les produits fabriqués par les TPE, PME et ETI, en marques nationales comme en marques de distributeur, ont généré près d’un euro sur deux dépensé en grande distribution, soit 49,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 44 % du chiffre d’affaires total. Ces fournisseurs ont apporté neuf milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires depuis 2017, une progression de 29 %, contribuant ainsi à hauteur de 47 % à la croissance du chiffre d’affaires des distributeurs. Leur présence en magasin se renforce également. Le nombre de références fabriquées par ces entreprises a progressé de 25 % depuis 2017, et les ETI ont vu leurs références bondir de 90 %. Ces marques sont désormais présentes dans davantage de rayons, en moyenne trois à quatre, contre deux à trois en 2017. Dans le même temps, le poids des marques de distributeur produites par des entreprises étrangères a fortement reculé, passant de 18 % à 11 % du chiffre d’affaires des enseignes. Ramené à l’ensemble des marques nationales, le tableau confirme la place structurelle de ces acteurs : ils représentent 86 % des fournisseurs, 26 % des références et 23 % du chiffre d’affaires. Autrement dit, une multitude de petits acteurs apporte la diversité de l’offre, même si chaque référence pèse individuellement moins qu’un produit de grand groupe. L’enjeu, pour une jeune marque, n’est donc pas seulement d’accéder au rayon, mais de démontrer qu’elle peut passer du statut de petite référence différenciante à celui de contributeur durable à la croissance de la catégorie. Le premium, une porte d’entrée crédible Une petite marque dispose rarement des moyens d’affronter frontalement les grands groupes sur le prix ou la puissance publicitaire. Elle peut en revanche créer davantage de valeur sur un segment précis. Le Baromètre le confirme : un produit sur deux issu d’une TPE et vendu en grande distribution appartient désormais au haut de gamme, contre un sur trois en 2017. 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